Où, sinon au CERN?

Apr 21, 2018

CERN Alumni: Lyn Evans
Au CERN depuis 1969
Aujourd’hui: Directeur de la Collaboration Collisionneur Linéaire

 

Où, sinon au CERN, quelqu’un aurait il la possibilité de travailler sur des machines dignes du Prix Nobels, deux fois dans sa vie ? C’est ce qui est arrivé à Lyn Evans, Chef du projet LHC de 1993 à 2010 et aujourd’hui un infatigable alumni du CERN et fier de l’être.

Lyn est arrivé au CERN comme visiteur scientifique en 1969 puis devint boursier en Janvier 1970. À partir de là, il travailla à la transformation du SPS en un collisionneur de proton-antiproton, machine qui permit à Carlo Rubbia et Simon van der Meer de recevoir le Prix Nobel de Physique en 1984, pour la découverte des bosons W et Z.

“Nous avions commencé à penser à un collisionneur de proton-antiproton dès la fin des années 70s, parce que, à cette époque, il était relativement clair que les bosons W et Z existaient et quelle serait leur masse,” se rappelle Lyn. “Nous réalisions que nous atteindrions l’énergie nécessaire si nous transformions le SPS en un dispositif de collision faisceaux”.

Toutefois, le passage de la théorie à la réalité n’a pas été facile. "La construction du collisionneur de proton-anti proton a été le plus grand défi de ma vie professionnelle, encore plus difficile que la construction du LHC », dit Lyn. “Nous n’aurions pas pu concevoir le LHC sans le collisionneur de proton-antiproton, les paramètres du LHC sont vraiment basés sur ce que nous avions fait pour le SPS. ”

Quelques années après le Prix Nobel, le SPS fut de nouveau transformé pour devenir l’injecteur du LEP et Lyn était présent, dirigeant les travaux.

En 1993, après quelques années à la tête de la Division SL (les divisions SPS et LEP avaient été réunies), on lui demanda de diriger le prochain grand projet au CERN: la construction du LHC. “Ce n’était pas facile, particulièrement au début, car nous n’avons pas obtenu l’approbation du projet avant 1996, quand nous sommes parvenus à nous assurer le soutien externe du Japon, des États Unis, de la Russie, du Canada et de l’Inde, ” dit Lyn. “Le LHC est une machine extrêmement complexe, cela nous a pris jusqu’en 2008 pour la construire et nous avons dû surmonter de nombreux problèmes techniques, et, parmi eux, les problèmes avec la ligne cryogénique, qui nous ont coûté une année entière. C’est uniquement grâce aux personnes et à leur motivation que nous avons fini par réussir. ”

Malgré l’incident qui stoppa la machine dix jours après son démarrage en Septembre 2008 ("cela n’a pas été le plus gros problème que nous avons dû résoudre ", dit Lyn), le LHC put redémarrer et commença à fournir de puissants faisceaux de haute énergie. En l’espace de trois ans, il a été capable de produire assez de collisions pour permettre la découverte du Boson de Higgs. “C’était fantastique! Le LHC est une machine fantastique, elle marche bien au-delà de ses valeurs de conception !”, s’enthousiasme Lyn.

Après son départ en retraite en tant que membre titulaire, en 2010, Lyn devint Directeur de la Collaboration pour un Collisionneur Linéaire, qui rassemble les activités du ILC et du CLIC, afin de construire un collisionneur linéaire quelque part dans le monde.  En parallèle, il travaille sur la proposition d’une petite expérience sur l’antimatière qui utiliserait la technologie du CLIC, pour la soumettre avant la fin de l’année. Rêve-t-il d’un futur énorme collisionneur ? “Non, je n’embarquerais pas sur une activité de cette taille, j’opterais plutôt pour des objectifs plus réalistes. Mais, c’est vrai, le CERN est unique dans la façon dont les gens collaborent et c’est une de ses forces. Alors … rien n’est vraiment hors de portée”.

 


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