Capitaliser sur une compréhension plus large des apports de la science

Oct 17, 2018

CERN Alumni: Anne Richards (Finnigan) 
Au CERN: de 1984 à 1988, a travaillé sur le logiciel et l’électronique pour la machine LEP
Aujourd’hui: CEO d’une société de services financiers et Présidente du Conseil de la Fondation CERN & Société

Anne Richards est arrivée au CERN en tant qu'étudiante à l’été 1984 et est rapidement tombée amoureuse de l'environnement international du laboratoire. Cela l'a amenée à postuler à une position de boursière l'année suivante. Durant son séjour au CERN, Anne a participé à l'une des plus grandes initiatives en physique des particules: la construction de la machine LEP et de son tunnel de 27 km, le premier de l'histoire à accueillir un tel accélérateur. « Je me suis plongée dans les deux extrêmes de la physique: l’échelle des énormes machines que vous devez construire, pour observer les plus petits composants du monde subatomique. Mon expérience au CERN m'a ouvert les yeux sur la dimension de la science, sur son ambition et sur ce que signifie être une scientifique », se souvient-elle.

À la fin de ses deux années en tant que boursière, Anne s’est demandée si elle devait accepter les offres qui lui étaient faites de continuer sa carrière dans la recherche ou si elle devait chercher autre chose, en dehors de la science fondamentale. « J'étais vraiment déchirée, dit-elle. J'étais entourée de ces physiciens incroyablement brillants, complètement focalisés, prêts à consacrer leur vie à la recherche fondamentale. Et, bien que j'appréciais d’être parmi eux et que j’étais fière de l'installation de mon équipement dans l'accélérateur, je n'avais pas le sentiment d’avoir la même passion qu’eux. Je cherchais encore autre chose. »

Elle a donc décidé de rentrer au Royaume-Uni et a ensuite travaillé pour un cabinet de conseil en technologies à Cambridge, où elle a eu l'opportunité de gérer différents projets de courte durée dans une multitude de domaines technologiques. Anne confirme : « J'ai vraiment apprécié cette variété, je pense que c'est ce que je recherchais.  Cela pouvait être un projet de trois mois ou un projet de six mois et ensuite, vous passiez à quelque chose de nouveau. Maintenant, je sais qu’au CERN, il y a une grande variété d’emplois qu’une personne peut exercer, mais à l’époque, je n’étais peut-être pas assez mûre pour m’en rendre compte.»

En tant qu'alumni, Anne entretient des liens émotionnels étroits avec le Laboratoire. Elle apporte l'approche de travail en équipe qu'elle a expérimentée au CERN, au monde de l'investissement et de la finance. Elle apporte également l'internationalisation qui fait fonctionner les collaborations et a activement recherché des opportunités de carrière qui lui permettaient de voyager et de travailler avec des personnes du monde entier. Juste comme dans la science.

Des années plus tard, en 2011, Anne est venue au CERN pour une visite: « pour me remettre au courant de ce qui se passait dans un lieu où j'avais passé un moment formidable ». Beaucoup de choses avaient changé depuis son départ et un de ces changements était particulièrement important pour Anne: « Une évolution incroyablement positive s'était produite au cours de ma vie, dit-t-elle. L 'appréciation de l'importance de la science par la société au sens large. Le respect que la science obtient aujourd'hui est une chose merveilleuse à voir. Il était temps de réfléchir à la manière de tirer parti de cette situation et d’aider la société à s’engager davantage avec elle ».

La réponse a été la Fondation CERN & Société dont Anne a été nommée présidente du nouveau conseil d'administration. « La création de la fondation CERN & Société en 2014 a été critique. Ce fut un grand moment pour tirer parti de cette compréhension plus large des apports de la science à la société et pour en mobiliser les membres afin de nous aider à exploiter les connaissances, les installations et les programmes éducatifs du CERN », déclare-t-elle. « De cette manière, nous pouvons avoir un impact beaucoup plus grand que si nous restons simplement là avec notre financement public centralisé, qui est purement consacré à la recherche scientifique.  Il s’agit d’élargir l’accès ; Il s’agit de diffuser le message. »

Au cours des quatre dernières années, par le biais de la Fondation CERN & Société, le CERN a appris à se faire connaître à l’extérieur de manière proactive et à nouer un dialogue avec la société, également par le biais de la philanthropie. Aujourd'hui, la fondation est devenue très ambitieuse, comme en témoigne le projet ”Portail de la Science“ – ”Science Gateway“. Ce projet vise à créer un bâtiment phare sur le site du CERN, dédié aux initiatives d’éducation et de sensibilisation. « Le Portail de la Science ne sera pas simplement un nouveau bâtiment, mais un nouvel espace permettant à un plus grand nombre de personnes de venir en savoir plus sur ce que nous faisons ici, de faire l'expérience de la vie du Laboratoire et du travail des scientifiques » dit-elle.

En 2017, le CERN a également lancé son programme CERN Alumni, qui lui permet d’interagir avec une communauté très engagée de personnes qui ont travaillé au CERN et souhaitent rester en contact avec l’institution. « Les alumni font toujours partie de l’institution au fur et à mesure de leur carrière et c’est un fait bien connu dans de nombreuses universités que, à mesure que les gens progressent, ils reviennent et cherchent des moyens de contribuer à cette institution qui a compté dans leur parcours professionnel. » explique Anne. « Un réseau alumni, c’est le pouvoir de la ruche. Nous voulons rassembler leur sagesse et leur énergie collectives et les motiver pour nous aider à faire comprendre à quel point la science est merveilleuse. Lorsque nous avons lancé la Fondation CERN & Société en 2014, nous n’imaginions pas le succès que nous allions rencontrer.  La majeure partie de ce succès provient de l’intérêt et de l’engagement des alumni. Et en fait, au début, nous n’avions pas vraiment facilité leur engagement avec nous, pour la simple raison qu’il n’existait aucun mécanisme pour le faire. »

Pour en revenir au monde de la finance et des affaires, y-a-t-il quelque chose que vous, Anne, voudriez prendre de ce domaine et appliquer au monde de la science? « Parfois, le monde des affaires est prêt à prendre des risques pour tenter de changer radicalement les choses. Bien sûr, cela signifie que les choses peuvent mal tourner, parfois très mal. Cependant, le sentiment que l’anarchie peut être imminente est parfois très puissant pour trouver des façons de faire fondamentalement nouvelles. Je ne voudrais pas amener trop de cela dans le monde du CERN, mais cela pourrait produire des résultats surprenants. Pas trop, juste en marge, je me demanderais probablement au CERN: sommes-nous vraiment assez radicaux? Pourrait-il y avoir quelque chose au potentiel vraiment perturbateur ici? Qu'est-ce que Léonard de Vinci ferait ici? »

Je me demande quelle serait la réponse!
 


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