Transmettre ses connaissances et son expérience

Nov 02, 2018
Photo: From right to left:  Mary K. Gaillard and Vanessa Wyrwoll
Photo: De droite à gauche Mary K. Gaillard et Vanessa Wyrwoll

En tant que doctorante et femme au CERN qui effectue des recherches dans le domaine des effets des rayonnements sur l'électronique, j'ai eu l'occasion de partager mon expérience avec des étudiantes lors d'une conférence pour les femmes en physique et de rencontrer une remarquable alumni du CERN.

J’ai la chance de pouvoir effectuer mon travail en tant que chercheur en début de carrière (ESR04) financé par une bourse européenne dans le cadre d'un projet appelé RADSAGA, abréviation de RADiation and reliability challenges for electronics used in Space, Avionics, on the Ground and at Accelerators, qui représente un réseau de formation innovant dans le cadre des actions Marie Skłodowska-Curie associant l’industrie, les universités, les laboratoires et les installations de tests. Travaillant au sein du groupe R2E (Radiation to Electronics) du département Beams du CERN, je m'intéresse aux effets des dispositifs en silicium sur les radiations, en particulier ce qui concerne l’impact de divers types de particules et énergies sur les dispositifs susmentionnés. Comme la taille des composants électroniques est en diminution constante, je me concentre sur les particules qui présentaient peu d’intérêt jusqu'à présent. J'étudie donc le comportement fondamental de ces types de rayonnement, qui revêt une importance primordiale, par exemple dans l’aviation ou les applications spatiales.

J'ai eu la chance de pouvoir participer à la conférence Women in Physics 2018  qui s'est tenue en septembre de cette année. J'ai été encouragée à présenter mes travaux devant de nombreuses femmes afin de renforcer leur motivation et de les encourager à prendre la voie de la recherche. La conférence était organisée en Allemagne dans mon ancienne université, la Carl von Ossietzky Universität Oldenburg, où j'ai étudié la physique et l'ingénierie. J'y ai obtenu un baccalauréat d’ingénieure et une maîtrise en sciences, avant de commencer mon doctorat à l'Université d'Oslo, en utilisant l'infrastructure de recherche disponible au CERN.

L'invitée d'honneur de cette conférence était Mary K. Gaillard, qui a travaillé comme physicienne théoricienne au CERN et qui est réputée pour sa forte implication dans les recherches sur le modèle standard en physique. Elle est aussi l'auteure du livre "Une profession singulièrement non féminine,  Le chemin d'une femme en physique", qui est une lecture inspirante pour toutes les femmes, pas seulement en sciences.

De nombreux passages du livre de May K. ont résonné plus particulièrement en moi; les chapitres sur sa vie au CERN et en France et aussi (et surtout) le chapitre sur le mécanisme de survie sont très inspirants et motivants. J'ai eu des moments où je devais réfléchir sérieusement à ce que je voulais vraiment, puis simplement continuer à me battre pour mes valeurs et mes rêves en travaillant comme chercheuse.

J'ai été émerveillée d'avoir l'occasion de parler en personne à Mary K. lors du déjeuner spécial mentorat, où j’ai pu lui poser mes questions sur l’equilibre entre la famille et une carrière de femme en sciences. Plus tard, j’ai eu beaucoup de chance de m’assoir à côté d’elle lors du dîner de conférence, au cours duquel nous avons approfondi une conversation incroyable sur ses expériences au CERN, sa vie de famille et son parcours de chercheuse. Nous avons parlé de moments de réussite et de moments difficiles en tant que femme dans les sciences et dans la vie. J'ai personnellement été fortement touchée par sa déclaration concernant ce qu'il faut faire pour réaliser ses rêves. Elle m'a dit: «Les gens m'ont dit que j'avais un mécanisme de survie très fort et c'est ce qu'il faut, vraiment». Cette déclaration m’a beaucoup touchée et je suis sûre qu'elle touchera également de nombreuses femmes dans le domaine de la recherche.

J'étais tellement fière et honorée de rencontrer une femme aussi incroyable et l'une de mes modèles et héroines!

Je souhaite avoir à mon tour la possibilité à l'avenir de transmettre l'expérience et les connaissances acquises au cours de mon travail dans le projet RADSAGA et peut-être d'inspirer les étudiantes dans le rôle d'une professeure.

Transmettre des expériences et des connaissances entre générations est également un objectif de la communauté des Femmes en Technologie (WIT) du CERN, qui vise à améliorer les conditions de travail et l'égalité des chances des femmes dans le domaine de la science et de la technologie, offrant une plate-forme d’entre aide à toutes les femmes sur le terrain de la recherche, actuellement en infériorité numérique par rapport aux hommes. Le réseau CERN Alumni encourage également le partage et l’entraide, ce qui représente une possibilité unique de rester en contact avec ce grand laboratoire et les gens formidables qui y ont travaillé ou qui y travaillent aujourd’hui.

Vanessa Wyrwoll


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