Des « flashs » d'électrons contre le cancer

Sep 29, 2020

Les technologies associées à la physique des hautes énergies ont contribué, au fil du temps, à de grandes avancées dans le domaine médical. Depuis les années 1990, le CERN mobilise ses compétences spécialisées au service de la conception de solutions innovantes en radiothérapie. Steinar Stapnes et l'équipe du projet Collisionneur linéaire compact (CLIC) travaillent actuellement à une nouvelle contribution du CERN en ce domaine : FLASH, une technologie novatrice de radiothérapie par électrons, actuellement mise au point en collaboration avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), à Lausanne.

Grâce à une expérience considérable acquise au fil des années en travaillant sur les technologies d'accélérateur et de détecteur, S. Stapnes dispose d'une expertise qui s'avère particulièrement utile au moment de repérer les occasions d'opérer des transferts de technologie. Venu au CERN en 1984, en tant qu'étudiant d'été, il a ensuite obtenu une bourse et effectué un doctorat dans le cadre d'une expérience du Laboratoire. Il a par la suite enseigné à l'Université d'Oslo, tout en continuant à être lié au CERN où il a joué un rôle de premier plan tout d'abord dans l'expérience ATLAS, puis en tant que secrétaire de la stratégie pour le Conseil du CERN. En 2011, S. Stapnes est revenu travailler à plein temps au Laboratoire dans le domaine des accélérateurs linéaires, essentiellement en prenant part aux recherches sur le CLIC et le Collisionneur linéaire international (ILC). En septembre 2020, il a été nommé représentant européen de l'équipe de développement international de l'ILC par le Comité international sur les futurs accélérateurs (ICFA).

Alors que S. Stapnes était professeur à l'Université d'Oslo, il a participé avec ses étudiants à l'activité de plusieurs start-up, principalement axées sur la technologie des capteurs et les systèmes d'imagerie médicale. Il a poursuivi ses efforts dans le domaine des technologies médicales et industrielles au CERN, l'équipe du CLIC ayant décidé de travailler plus activement sur les applications. Il a été jugé que l'application de la technologie des capteurs dans de petits systèmes permettrait de tirer des enseignements pour des systèmes plus importants ; cette orientation profiterait directement à l'étude CLIC et permettrait la participation de fournisseurs industriels, à un degré qui aurait été impossible avec le seul budget de la R&D. « Ce qui est spécifique dans le travail effectué au CERN dans le cadre du projet CLIC, c'est que nous rendons les accélérateurs linéaires très compacts. On a ainsi des machines moins onéreuses et plus faciles à intégrer, ce qui constitue un atout pour les hôpitaux et d'autres utilisateurs potentiels », explique S. Stapnes. « Les linacs à électrons sont très utilisés dans l'industrie, la médecine et diverses installations de recherche extérieures à notre discipline. »

S. Stapnes a toujours été un passionné du transfert de technologie, convaincu de l'importance des applications industrielles des technologies et de leur impact sur la société, en particulier dans le domaine médical. Avec son collègue Walter Wuensch, S. Stapnes a été à l'origine de la collaboration entre le CERN et le Centre hospitalier universitaire vaudois visant à développer la thérapie FLASH, dont la première phase d'étude vient d'être conclue avec succès. Il s'agit d'obtenir une radiothérapie ultra-rapide, à une dose supérieure à celle administrée actuellement, et avec moins d'effets secondaires sur les tissus sains.

 

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